L’amour fardé, par Franz Toussaint

L’amour fardé

DSCN5948

Franz Toussaint (1879–1955), écrivain et orientaliste, est l’auteur de nombreuses traductions de l’arabe et du persan, du sanskrit et du japonais. Sa traduction la plus connue, elle-même adaptée dans plusieurs autres langues, est celle des Rubaiyat d’Omar Khayyam.

Traduit du sanscrit d’après l’Amarushataka, recueil de poèmes lyriques indiens (vers le VIIe siècle), l’Amour Fardé est un ouvrage paru, à l’origine, en 1927.

L’amour fardé est un ensemble de 5 livrets.

Extraits :

LES AUGUSTES RAVAGES DE L’AMOUR

Je l’attends. Pourquoi n’arrive-t-elle pas ? Je soupire. Je regarde la route. J’écris des vers mélancoliques. Je me consume comme une branche de santal qui brûle dans le calme du soie en parfumant la campagne.

 LA PLUIE

O pluie, je te remercie ! Sa robe adhérait à son corps. Le tissu miroitant d’eau dessinait sa forme parfaite. Tu étais comme nue, Sanâbavi ! Mais, tes petits seins frissonnants, qui les a réchauffés, lorsque l’arc-en-ciel a fleuri ?

 LE DESTIN

En robe sombre, assis à la barre du gouvernail, le Destin dirige le frêle esquif de mon existence. Suis-je heureux dans un port ? Il déploie toutes ses voiles. Suis-je malheureux ? Il jette l’ancre.

 L’IMPRUDENCE

Mon père est loin. Il voyage pour son commerce. Depuis ce matin, ma mère est absente. Elle est allée voir ma sœur qui est malade. La nuit tombe. Je suis toute jeune, et j’ai peur. Comment pourrais-je rester seule ?

Entre dans ma maison, passant.

 LA GUIRLANDE

Avec les fleurs jaunes d’un cotonnier, les fleurs rouges d’un grenadier et les fleurs blanches d’une clématite, j’avais fait, pour Satâhi, une guirlande qu’elle allait suspendre au cou de marbre du dieu Vidahyâ. Le jour finissait. Dans la lumière veloutée elle s’éloignait. Un bout de guirlande balayait, derrière elle, la poussière. Bientôt, elle ne fut plus qu’une nef qui traînait sur la mer écumeuse son amarre rompue…

TENDRES JEUX

Quand il neige, si je veux que Bhâvani vienne s’asseoir près de moi, je n’ai qu’à commencer de lui raconter l’histoire des deux petites filles qui s’étaient perdues dans la forêt. Si je veux qu’elle se blottisse contre moi, j’imite les grondements des ours flairant leurs traces. Si je veux qu’elle m’enlace, je frappe, du bout des doigts, sur sa tête, les trois coups que le monstre de la forêt frappa à la porte de la cabane où les petites filles de la forêt s’étaient réfugiées.

Franz Toussaint, l’Amour fardé, un coffret de 5 livrets, 38€ port compris en Colissimo