La Ronde des saisons, par Kâlidâsa

La ronde des saisons, par Kâlidâsa

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« Le Ritusamhâra (La ronde des saisons), est une suite de petits tableaux, de scènes d’amour délicieuses ou ardentes, de visions enchanteresses qui s’encadrent dans les six saisons indiennes : L’Eté, la saison des Pluies (Varshâ), l’Automne, l’Hiver, la saison des Rosées (Çiçira) et le Printemps.
Telle page où l’auteur a peint, avec les vives couleurs d’une miniature orientale, les paons et les flamants roses, les éléphants et les lions, fera penser à Kipling ou à notre La Fontaine, mais un la Fontaine qui aurait vécu sous un ciel plus éclatant et plus chaud.
Telle autre page évoquera dans l’esprit une estampe libertine de notre XVIII siècle : une jeune femme couverte des morsures de son amant passionné, honteuse de se montrer nue, supplie qu’on lui apporte sa robe oubliée dans la chambre à coucher ; des jeunes filles, dans la nuit d’orage, contenant leur cœur, s’en vont au rendez-vous d’amour par les sentiers illuminés d’éclairs… Et combien d’autres aperçus, curieux et brefs, plus charmants les uns que les autres ! Ici, sous la lumière féerique de la lune, apparaît la déesse Crî, vêtue de lotus, endormie sur un cygne blanc qui vogue sur une onde de diamant et d’émeraude. Là, dans le parfum du santal, parmi les fleurs… Mais arrêtons-nous. Ne détaillons pas les perles lumineuses de ce rosaire d’amour : au lecteur à les égrener et à faire son choix … »

Extrait de la présentation de l’ouvrage par E. Steinilber-Oberlin.

La ronde des saisons, est un ensemble de 6 livrets.

Extraits :

L’été

C’est l’été. Sur les seins raidis et les membres souples, dont l’épiderme se perle de gouttes de sueur, les légers tissus d’akoça ont remplacé les robes lourdes. Que chacun, maintenant, choisisse une épouse parmi ces femmes revêtues de jeunesse !

La saison des pluies

Sous les coups du tonnerre ; le voyageur s’épouvante. Comme l’arc du dieu Indra, les nuages semblent avoir pour corde les éclairs, et lancent la grêle en flèches meurtrières. La terre s’est tapissée de champignons multicolores et frais éclos qui scintillent comme des éclats de lapis-lazuli. Et, comme une femme parée de diamants s’est recouverte de lucioles, ces lumineux bergers des dieux.

L’automne

Les lianes moirées, inclinées sous le poids des fleurs, font oublier, ô femmes, vos bras de déesse surchargés de parures ; et la blancheur du jasmin frais éclos mêlé aux fleurs de l’Akoça éclipse l’éclat de vos dents blanches et le charme de vos sourires !

L’hiver

L’Hiver. Les lotus sont morts, les frimas sont venus. Nous aimerons cette saison, cependant, pour ses lodrhas aux fleurs épanouies, ses moissons de riz mûr et ses fruits.

La saison des rosées

Des femmes, au fond du palais, sont comme la déesse Lakshmî : elles ont des yeux grands et beaux comme des lotus qu’on trait de fard prolonge jusqu’aux oreilles, des cheveux dénoués qui flottent sur leurs épaules, un visage ovale au teint d’or, des lèvres rouges resplendissantes. Certaines, après la nuit d’amour, ont revêtu la robe qui convient à ce jour ; elles vont lentement, alanguies, un peu lasses de porter l’amphore lourde de leurs hanches et leur gorge pesante.

Le printemps

Vois ! le Printemps triomphe, universel : l’arbre-corail comme un feu de braise, la forêt de Kinçoukas, inclinée sous le poids de ses fleurs, revêtent d’une tunique la terre resplendissante comme la nouvelle épouse ! Quel cœur ne s’enflammerait avec les fleurs du Kinçoukas en feu pareilles à l’éblouissant plumage d’une tête de perroquet ?

Kâlidâsa, La Ronde des saisons, un coffret de 6 livrets, 38€ port compris en Colissimo