Notre coffret de fin d’année : Le jardin des fruits, par Saâdi / Traduction de Franz Toussaint.

Le coffret proposé cette année par pré # carré est composé de 10 livrets, enrobés de papier soie fait main, contenus dans une nouvelle boîte origami assemblée par l’éditeur lui-même, et sertie d’un cachet de cire, édité pour cette collection. Les textes regroupent les 57 histoires du Jardin des fruits, le récit de La mort de Saâdi, par Franz Toussaint, et les Sentences, Prières et Maximes de Saâdi. Cet ensemble est édité à 58 exemplaires numérotés.

Le coffret est en vente au prix de 40€ + 10€ de frais de port, quel que soit le nombre de coffrets commandés. Il sera livré en Colissimo au plus tard le 22 décembre.

Pour l’étranger, les frais postaux sont de 20€

Le Jardin des fruits de Saâdi / France métropolitaine / 50€ avec frais postaux :

Le Jardin des fruits de Saâdi / Etranger / 60€ avec frais postaux :

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Extraits du texte :

L’amour

Un homme vit une jeune fille admirablement belle, et, aussitôt, l’amour embrasa son cœur. Comme la rosée emperle les feuilles d’une plante printanière, une sueur glacée ruisselait sur les joues de cet homme. Hippocrate, qui passait à cheval, s’informa des causes de son malaise. Quelqu’un lui dit :

— L’infortuné que tu contemples est un saint derviche. Jusqu’à ce jour, il vivait dans la solitude et la prière, mais une jeune fille a volé son cœur, et l’implacable Amour a jeté un voile sur ses yeux. Lorsque nous lui reprochons de céder ainsi à la douleur, il nous répond avec colère : « Taisez-vous ! J’ai raison de me plaindre, car la beauté de cette jeune fille m’a rendu fou ! »

Le célèbre Hippocrate dit alors :

— Le langage de notre frère est loin d’être aussi admirable que son ancienne vertu. Dieu a-t-il créé une femme si belle, uniquement pour que ce derviche s’abandonne aux ivresses de l’amour ? Pourtant, son admiration pouvait aussi bien aller à un nouveau-né… La beauté d’un enfant à la mamelle vaut la beauté d’une jeune fille. Tout homme sensé reconnaît qu’un dromadaire est une créature aussi parfaite que les ravissantes danseuses de la Chine et du Turkestân.

Si, comme Saâdi, tu n’as des maîtresses qu’en songe, tu es à l’abri des chagrins et des désillusions.

Le boulanger

Une femme dit à son mari :

— Ne continue pas d’aller acheter le pain chez notre voisin, le boulanger. Achète-le désormais au marché de la farine, car ce boulanger est un malhonnête qui nous vend de l’orge au lieu de blé. Depuis une semaine on n’a vu, chez ce boulanger, ni un acheteur, ni une mouche.

Le mari, bienveillant et juste, répondit :

— Soleil de mes yeux, nous devons nous résigner ! En s’établissant dans notre quartier, ce marchand à compté que nous lui achèterions son pain … Nous ne pouvons pas faire autrement.

Le pèlerin

Un enragé dévot cheminait vers la Mecque. à tout instant, il s’arrêtait pour s’agenouiller et prier. Cela fait, il marchait avec une telle ardeur qu’il négligeait de tirer de ses pieds les épines de mimosa. En bouffées enivrantes, son orgueil, sa joie lui montaient à la tête. Il finit par s’extasier sur ses mérites et, possédé du Diable, il convint que sa piété était unique au monde. Le pauvre fou ! Heureusement que Dieu veillait sur ce dévot… Une voix céleste lui dit :

— Ne crois pas que le Seigneur t’admire ! Plutôt que de te prosterner sans cesse, tu ferais mieux de soulager tes pieds qui souffrent !

L’âne embourbé

Un âne s’était embourbé dans un marais, et son maître hurlait de désespoir. L’endroit était désert. La pluie faisait rage. Par surcroît, la nuit tombait. Jusqu’à l’aube, notre homme s’épuisait en injures, en blasphèmes. Dans sa colère, il invectivait ses amis, ses ennemis, et même le sultan de cette contrée. Celui-ci vint à passer et entendit les vociférations de l’ânier. à bout de patience, il dit sévèrement à l’infortuné :

— En quoi suis-je fautif ?

— Seigneur, déclara un cavalier de son escorte, permets-nous de punir ce coupable, de faire mourir cette plante vénéneuse … Mais le sultan eut pitié du malheur de l’ânier, et il réfréna son courroux. Bien plus, il tendit à cet homme une bourse pleine d’or, puis, il lui donna un cheval et un superbe manteau. Je ne sais rien de plus beau que la victoire de l’indulgence sur la colère. Un passant dit à l’ânier :

— Tu peux te féliciter de ta chance ! Je te croyais perdu…

— Silence, fit le vieillard. Sans doute, je n’ai pas su résister à ma douleur, mais ton souverain ne pouvait faire autrement que de me pardonner. Il est aisé, mais indigne de la part d’un sultan, de punir les injures. Les sages doivent rendre le bien pour le mal.

Osram Osram 

Un livre d’artistes, par Sophie Rousseau (plasticienne) et Hervé Bougel (écrivain).

Nous avons le plaisir de vous présenter Osram Osram, un livre d’artiste élaboré par Sophie Rousseau, artiste-plasticienne, à partir d’un recueil de 16 poèmes d’Hervé Bougel, initialement édité par Stéphane Landois, à l’enseigne de l’Atelier du Hanneton en 2009.

Osram Osram, un texte en clair obscur, incisif, inquiétant. Le corps, à cru sous la lumière, tourmenté, fragilisé, est mis à nu. La chair, tiraillée, déliée, souffre et palpite. Le cœur à vif rugit dans l’alcôve, où s’entrechoquent, dans un fracas de verre brisé pampilles, chromes et carcasse. Sous les yeux révulsés, une lueur moirée, l’indicible…

 

(Extrait)

« Deux nerfs enchassés

piqués dans la chair

du plafond.

Aveugle qui dort,

les yeux tournés

vers le dedans.

 

Nuque tordue     ciel vrillé

Echappé vers l’immense

Des draps.

Lumière       cœur jauni,

Empêtré de filaments secs.

 

Le corps du livre est composé de huit livrets pliés (BFK rives 250g), comportant chacun : une petite composition à l’encre de Chine, deux poèmes manuscrits de l’auteur, et une grande composition centrale à l’encre de couleur, réalisée sur papier Wenzhou puis marouflée. Les huit livrets sont placés dans une jaquette, puis le tout est inséré dans un écrin de carton noir lié par un ruban et un petit cabochon.
A l’intérieur est ajouté un exemplaire de l’édition d’origine du recueil, joliment imprimé à l’Atelier du Hanneton.

Ce livre est exécuté en huit exemplaires, et six d’entre eux seront disponibles à la vente. Son prix est de 550€. Il est possible de régler en plusieurs fois, après contact avec les auteurs.

herve.bougel@orange.fr

sophierousseau.art@free.fr

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